Cet atelier ne participe pas aux Ateliers Ouverts 2019

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artistes permanents


 

     

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    21 rue goethe
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    tél : 0388601071
    asmussen .fr

     

    accès

    BUS

    Ligne 10, arrêt : Brandt

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    Dernière participation

    2015

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    Présentation

    Une suite perpétuellement différée
    Mon travail actuel à l’atelier multiplie les médiums (encre, gouache, craies, fusain, pigments…) mais que ce soit par le dessin ou par la peinture, ma recherche reste la même : celle de mettre en rupture la surface du papier et de transformer ainsi son étendue en espace, un espace à la fois dense, resserré et un espace éclaté, fissuré – il y a des passages, des fentes, des scissions dans mon travail. L’espace pictural que je recherche est avant tout un espace à percevoir plutôt qu’à lire.
    Les derniers papiers travaillés au fusain et à l’encre ont toujours été réalisés face au motif (arbre, végétal). J’ai un atelier dans les Vosges (la vallée de la plaine) qui me permet un contact direct avec la nature avec de nombreuses pérégrinations. Mes dessins sont ensuite repris à l’atelier et travaillés dans leur mise en tension les uns par rapport aux autres et dans l’espace que je dispose (installation murale). Ce n’est pas l’arbre qui retient mon regard mais l’espace qui y est insufflé, la lumière, le vide, le souffle qui émane de cette osmose. Ainsi dans l’atelier, je privilégie le travail en série plutôt que l’élaboration de pièces uniques et cela dans la tentative de maintenir l’espace ouvert, en suspens, en dilatation… Les séries ou suites intitulées « Effeuillages » et « J’ai perdu mes feuilles » 2012 et visibles sur mon site (asmussen.fr) en sont un bel exemple.
    Gasiorowski parlait du fleuve de la peinture qui transporte. Et au fond ce qui m’intéresse ce n’est pas de peindre, de dessiner des pièces uniques, mais d’être dans un travail en constant mouvement. C’est ce qui m’a conduit peu à peu à laisser de côté le travail sur toile et investir surtout le travail sur papier qui permet des découpes des replis, des reports, de créer des rythmes qui s’enchaînent et s’entraînent dans l’espace.
    Mes derniers travaux qui se situent à la suite de « Job » 2012 m’ont conduit ainsi à inciser dans le papier (cutter) en créant des vides et des rythmes que je retravaille ensuite et que je dispose comme un écran directement sur le mur, superposé à d’autres champs visuels où la couleur s’entremêle et se déploie…rappelant les multiples interstices et jeux de lumières de l’espace végétal.
    Mon travail invite ainsi à la déambulation et au déplacement du regard lequel, pris dans la trame des entre-deux, est sans cesse reconduit : il y a des déports, des relais, des renvois.
    C’est aussi un travail méditatif sur l’épuisement du regard : sur le temps que la peinture nécessite pour se tendre dans l’espace, sur le temps qu’elle demande pour être regardée, le temps que met une oeuvre à ne pas s’épuiser. Epuiser le regard c’est aussi épuiser le geste de peindre, insister sur sa relance et refuser l’arrêt sur image, s’inscrire dans son extension, son devenir… Chaque suite dessinée ou peinte dénonce l’illusion de celle qui précède, tout en annonçant la suivante. C’est là, peut-être, viser autre chose que la peinture elle-même. L’œuvre qui se fait, avant d’être l’effet d’un acte, devient elle-même acte : une suite perpétuellement différée.